Ouais, ouais, ouais.

D’accord, c’est avril, d’accord, je viens écrire presque-jamais. Mais à côté, juré, je fais un tas de choses très prenantes, comme chercher deux chaussettes de la même couleur, faire et défaire mon sac un tas de fois, prendre le train, puis finalement plutôt prendre le bus, parce que c’est encore la grève.

Quand même. Mais j’suis là, puis, tu sais quoi ?

Le 14 février, c’était la Saint-Valentin, je sais, c’était y a plein de jours, j’étais très loin, mais il s’est passé une très-jolie-chose.

Je savais que je serai loin, et que j’allais rater mon minuscule-plaisir de Saint-Valentin, mes friandises de p’tites phrases amoureuses.  Y a des fous gens qui ont pensé à moi, là bas dans mon lointain, et qui m’ont envoyé des pages de journal, des carnets du métro, des annonces amoureuses.

Tu m’imagines, très loin à Ouagadougou, des tas de jours après,  à la pêche aux jolies phrases, avec mon crayon bic, les feuilles coincées sous mon coude à cause du ventilateur qui fait tout envoler ?

C’était bien. Alors, très en retard, en provenance direct du chaud Burkina Faso, avec la complicité d’un tas de gens, voilà les p’tites phrases de la Saint-Valentin d’avril :

« Faudrait voir à arrêter de mettre des miettes de pain partout dans le lit ! »

« J’ai pris le risque de t’aimer, pitié que ça ne s’arrête jamais. »

« Oui, je suis maladroit, oui, je bois trop de bière, oui, je ne fais jamais attention, non, tu ne t’énerves pas, non, tu n’en as pas marre, non, tu es toujours là…  Pour une fois, dis ‘oui’ … Veux tu m’épouser ? »

« Je nous vois pour toujours. La Bouche. »

« Même si tu es loin, je n’oublie rien. »

« Mon Babybel, mon mangeur de sushi, mon monsieur bleu ..»

« Aller au bout du monde ou au coin de notre rue, je t’aime. »

« Ton p’tit mauvais coup. »

« Ta poulette morte »

« Chéri coco… »

« Avec toi, ça rock, ça bouge, m’accorderas-tu encore une danse ? »

« Je n’oublierai jamais ce moment, où, alors que tu marchais devant moi, baignée de soleil, j’ai compris que quelque chose d’irréversible venait de se produire. »

« T’avoir attendue 2 heures sur ce banc il y a quatre ans… »

« Signé : la future mère de ton enfant. »

« A mon calao… »

« Pour qu’une vie pleine de sexe nous soit réservée… »

« Ma chérie. »

« Pars, mais reviens-moi toujours. »

« Notre relation se résume à : tout vient à point à qui sait attendre. »

« Ma’mie »

« Il y a cinq ans, tu m’as séduit dans la mairie… »

« Maman Corinne. On t’aime très forte. On t’aime encore plus que très fort. On t’aime très très fort. On t’aime encore plus que très très fort. On t’aime très très très fort. » 

« Signé : ta copine trop maladroite. »

« A mon génial, éblouissant, excitant, kaléidoscopique mari… »

« Tous les jours ich liebe dich mon amour »

« Sereinement, et sans bruit, et malgré nos inepties… »

« Mon premier, mon dernier, mon infini. »

 

Allez, plein d’amour d’avril sur ta tête, gardez tous vos fils, en mai, on fera que ce qui nous plait.